Enjamber l'horizon

De Poitiers au Pacifique à vélo

Mois : mai 2010

Premier message d’Asie !

Nous voila arrivés à Omsk, après de bonnes journées à avancer et à découvrir un peu plus ce pays très intéressant.

Le passage de l’Oural restera dans nos mémoires pour les heures passées à se battre contre un ennemi invisible mais bien présent : le vent de face ! C’est la hantise de tous les cyclistes ! Ajoutez à cela pas mal de pluie et des camions à toutes heures et vous aurez un tableau de ces trois jours difficiles entre Perm et Ekaterinbourg ! Heureusement, l’Oural ne ressemblait, là où nous l’avons franchi, qu’à de petites collines !

Nous nous sommes ensuite arrêtés un peu à Ekaterinbourg, la troisième ville la plus peuplée de Russie où nous étions hébergés par deux jeunes étudiants. La suite de notre parcours nous a conduit a Kourgan, une petite ville (300 000 habitants tout de même), où nous avons rencontré Perrinne et François, deux français qui vivent dans cette ville depuis un an. Ce fut une rencontre très enrichissante !

Il nous aura fallu 6 jours pour relier Kourgan à Omsk. Le temps a été plus agréable et les paysages ont beaucoup changé à mesure que nous nous rapprochions du Kazakhstan. Les plaines de Sibérie laissent ici apercevoir de vastes horizons puisque la forêt a laissé place à d’immenses champs et à une sorte de steppe verdoyante. En Russie, pas loin du Kazakhstan, nous nous imaginions facilement en Mongolie ! Ce temps plus clément nous a permis de bivouaquer à plusieurs reprises dans d’excellentes conditions !  Mais les moustiques s’invitent désormais chaque soir pour nous empêcher de profiter des derniers rayons du soleil. Il faut croire qu’ils aiment dévorer de l’européen !

Les rencontres sont toujours aussi enrichissantes et les anecdotes ne manqueront pas au retour ! Chaque jour réserve de nombreuses surprises et des expériences toujours amusantes, étranges ou intéressantes.

Nous consignons tout ça dans nos têtes et le soir, sur nos cahiers. Nous accumulons tellement de souvenirs en si peu de temps que le temps, justement, semble s’écouler différemment. Il nous semble que nous avons déjà voyager pendant des années !

Nous venons de réparer nos vélos qui laissaient voir quelques traces de fatigues ! Après 7000 kilomètres, les engrenages s’usent, il a fallu changer la chaine et les pignons !

Nous repartirons demain d’Omsk vers Novossibirsk et son Alliance Française où nous séjournerons plus longtemps.

Pour des raisons administratives, notre projet va subir des modifications. Nous sommes contraints  de reporter le tour du lac Baikal à pied. La suite de notre voyage nous mènera jusqu’à Irkoutsk, près du lac Baikal, où nous pensons arriver fin juin. Là bas, nous piquerons au sud pour traverser cet été la Mongolie et la Chine jusqu’à Pékin puis jusqu’au Pacifique.

Nous prenons ces changements avec philosophie et serons toujours aussi contents de vous faire voyager à travers les lignes de nos billets, malgré la frustration de vous conter qu’une infime part  de ce que nous vivons.

L’aventure continue !!!

Pas de vacances pour les enjambeurs d’horizons.  Давай !!!

A propos de Perm

Arrivés à Ekaterinbourg avant hier soir, nous voulons revenir un peu sur notre accueil et notre séjour sous le soleil de Perm.

Nous avons passé trois jours dans cette grande ville d’un million d’habitants, étalée le long de la Kama. Elle est longtemps restée secrète sous le régime communiste, puisqu’on y fabriquait beaucoup d’armes. Perm ne figurait pas sur les cartes et les étrangers ne pouvaient pas y accéder. Aujourd’hui, la ville revêt les traits d’une métropole internationale. Cette cité devient un lieu culturel avec de nombreux festivals. Nous avons été invités à découvrir le skate park de la ville, le plus grand de Russie et un des plus grands d’Europe ! Nous avons visité le musée des beaux arts de la ville, lors de la « nuit des musées ».

Durant cette « pause » nous avons travaillé avec l’Alliance Française de la ville.  Ils nous ont permis d’animer des rencontres. L’une avec des personnes fréquentant l’Alliance Française, une seconde avec les quelques élèves de l’académie de médecine étudiant le français et une dernière sur une des places principales de la ville avec une trentaine de cyclistes. C’est à cette occasion que nous avons rencontré un jeune couple de russes qui s’apprêtaient à partir pour trois mois de vélos en Europe. Nous espérons qu’ils seront aussi bien accueillis que nous l’avons été.

Notre passage à Perm ne sera pas passée inaperçue! Nos journées furent ponctuées de nombreuses interviews. Nous avons ainsi dû répondre aux mêmes questions  que nous ont posées quatre équipes de télévision et deux journalistes de la presse écrite!

Nous remercions l’équipe de l’Alliance Française pour son accueil et son dynamisme, Simon pour son hospitalité, Anita qui a fait une super attache de presse – traductrice, Svieta et Alex pour la balade touristique à vélo,  et le reste des francophones de la ville avec qui nous avons pu échanger. Ces quelques jours ne furent pas très reposants, mais nous garderons un super souvenir de cette ville et de notre passage !

Pour finir, voilà quelques photos :

Iaroslavl Perm en image

Perm

Après la pluie le beau temps… Ici on peut avoir une semaine avec de la neige et la suivante avec de grandes chaleurs.

Entre Kirov et Perm nous avons eu droit à des cieux azurs et un soleil éclatant (27 degrés hier). Nous pouvons dire que « Ça tape ». A tel point que François descendant de son vélo lors d’une pause en haut d’une côte a dit : « Haaa ouai, du milon et du peneau… » Bien sûr il fallait comprendre « du melon et du pineau ». Vapeur d’asphalte ? Rayonnement solaire ? Kilomètres en trop ? Peu importe la cause, comprenez qu’il nous arrive de divaguer sur les mets de notre région et d’en mélanger les lettres.

S’ajoute à cela un retour significatif du relief. Serions-nous sur les contreforts de l’Oural ? Nous avons traversé un grand plateau creusé par de nombreuses vallées, dont celle de la Kama, rivière traversant Perm. On pourrait même parler de « montagnes russes » car descentes et montées se succèdent, aussi raides les unes que les autres.

Le 9 mai, c’était la fête de la Victoire de 1945. Pour les 65 ans, il y a eu un gros tapage médiatique et tout le monde arborait le ruban de Saint Georges, rayé noir et orange. Nous avons pu assister à un concert commémoratif le 8 mai dans un petit village. Les personnes en costumes d’époques se succédaient sur la scène, au fond de laquelle étaient accrochés le marteau et la faucille. On s’y croyait !!! Le lendemain les familles se réunissaient pour aller dans les cimetières rendre hommage aux soldats morts pendant la guerre.

Autre découverte : le bania russe. Nous avions déjà vu la petite cabane avec sa cheminée au fond des jardins mais jamais en fonctionnement. Lorsque l’on rentre dans cette pièce basse de plafond on est écrasé par la chaleur d’un poêle ronflant. C’est un sauna particulier alimenté en bois, la salle de bain rurale russe.

Pour l’heure nous sommes accueillis par l’alliance française où nous allons présenter notre projet aux étudiants. Ensuite nous poursuivrons vers Ekateringbourg sur la route qui sera désormais la seule… celle du transsibérien.

5 000 kilomètres, ça se fête !

Atelier découpage, au bord de la route… En véritable écorce de bouleau !

De 02 Russie

Kirov.

Six jours se sont écoulés depuis notre départ de Iaroslavl sous la petite pluie du samedi 1er mai.

Pendant ces six jours, nous n’avons pas bivouaqué une seule fois. La générosité et l’accueil chaleureux des russes ne sont donc pas une légende et se vérifient si bien à travers notre expérience. La curiosité des russes ne nous laisse pas indiffèrent, et nous savons désormais présenter notre périple dans cette langue, en indiquant quelques villes, quelques dates, et quelques moyens de transport. Partout on nous demande d’où l’on vient et où l’on va. Souvent, les personnes à qui nous présentons notre projet hochent légèrement la tête de gauche à droite, pour nous communiquer leur incrédulité. Et ils rajoutent : « daliko ! » (‘c’est loin ! »).

Nous commençons à prendre nos repères dans ce pays et pouvons nous débrouiller à peu près : demander notre route, savoir si il y a un bateau pour traverser le cours d’eau, faire nos courses et acheter notre pain, demander l’hospitalité bien sûr, et poser quelques questions à nos interlocuteurs… Malgré cela, la barrière de la langue se rappelle bien souvent à nous et nous frustre beaucoup, on doit l’avouer. Durant ces six jours à côtoyer des russes quotidiennement, nous n’avons pas échangé ne serait ce qu’un mot en anglais. Ici, les jeunes de notre âge parlent bien plus souvent allemand qu’anglais.

Un après midi, vers 16h, nous nous écartons de la route principale en empruntant une piste boueuse pour parvenir à un petit village où demander de l’eau. Nous rencontrons alors deux hommes en train de bricoler dehors, et une jeune fille qui boit le thé dans la petite pièce d’entrée de la datcha. On discute un peu, et avant de repartir, Nicolai, le propriétaire de la datcha, nous propose un thé. Nous acceptons. Il ouvre aussi une bouteille de vodka, « droujba » (« l’amitié ») oblige. Non content de rencontrer deux français un peu fous à vélo, on continue la discussion, en portant des toasts entrecoupés de petites bouchées de viande sur du pain. Nicolai est gardien de prison et non pas ancien prisonnier, comme Sergeui chez qui nous avions dormi l’avant veille! Autour de la bouteille, il y a Nicolai, son frère, sa fille Ana et un voisin. Lorsque nous avons fini, il nous propose de dormir là, dans la datcha. Avec son frère et sa fille, Nicolai rentre dormir dans une ville voisine où se trouve sa maison principale, et nous laisse seuls, dans sa maison !

Hier soir, tout juste arrivés à Kirov, je demande à un jeune homme, Alexei, où se trouve un hôtel bon marché. Il réfléchit, on discute ensemble cinq minutes, puis il nous conduit chez lui où nous passerons la nuit ! La Russie ne serait elle pas un pays magique ?

La Nouvelle République – 5 mai 2010

Alexis et François ont fait parvenir à La Nouvelle République un article racontant leur arrivée sur Iaroslavl.

Trois jours au coeur de la jumelle russe de Poitiers

Article de La nouvelle République - 5 mai 2010

Retrouvez l’article sur le site de la Nouvelle République en cliquant ici

Centre presse – 5 mai 2010

Un article est paru dans Centre Presse mercredi 5 mai relatant l’arrivée de François et Alexis à Iaroslavl et l’accueil qui leur a été réservé à la Maison de l’Amitié Poitiers / Iaroslavl

Un trait tracé sur les routes

Article paru dans Centre Presse le 5 mai 2010

Vous pouvez retrouver l’article en ligne (payant) en cliquant ici