Enjamber l'horizon

De Poitiers au Pacifique à vélo

Mois : juillet 2010

Dans le désert de Gobi

Quelques mots rapides pour vous donner notre nouvelle adresse :

Enjamber l’Horizon

Désert de Gobi

Mongolie

Une belle adresse synonyme de vastes plaines, de steppes désertiques, de chaleur intense, d’espace, de silence et de kilomètres de solitude, mais aussi de mongols à motos, de transmongolien filant vers le lointain, de troupeaux de chameaux et de rêves de boissons fraiches !

Tout se passe bien et nous continuons vers le sud. Plus de nouvelles dans quelques jours !

Oulan-Bator !

Après une dizaine de jours d’avancée, nous arrivons enfin dans la grande capitale mongole qui regroupe avec son million d’habitants un tiers de la population du pays. Depuis Irkoutsk, nous avons voyagé  dans de bonnes conditions. Les paysages traversés se sont révélés  très variés et vraiment magnifiques.

Il nous a d’abord fallu une journée pour rejoindre les rives du lac Baïkal. Nous profitons d’un paisible bivouac au bord du lac pour fêter nos 10 000 kilomètres parcourus. Trois journées sont occupées à longer le sud du lac, en alternant entre contemplation et dégustation du poisson local ! Entre les rives orientales du lac et la frontière russo-mongole, nous avons traversé la république bouriate. Après Oulan Oude, les paysages deviennent plus arides, la densité d’arbres diminue et la végétation devient plus rase. Nous nous croyons en Mongolie avant l’heure ! Surtout, la physionomie des bouriates est plus proche de celle des asiatiques que des caucasiens. Le passage de la frontière ne nous prend qu’une demi heure. Bizarrement, on nous fait passer devant tout le monde, voitures et piétons.

Ça y est, le 8 juillet, date d’échéance de nos visas de trois mois, nous quittons la Russie. C’est une épaisse page de notre voyage que nous tournons là. Ce n’est pas un adieu car nous prévoyons de rentrer en train, à la fin de notre périple, en traversant de nouveau le pays.

L’aventure reprend donc en quelques instants : finies les quelques habitudes prises en Russie. Nous ne connaissons rien de ce pays. Nous nous dirigeons plein sud vers la capitale, en traversant des paysages tous plus beaux et plus déserts à mesure de notre avancée. Les arbres ont quasiment disparus et nous pédalons toute la journée dans de longues et larges vallées séparées par des petites collines. Avec 1,9 habitants par kilomètre carré, la Mongolie est le pays le moins densément peuplé au monde. Des yourtes sont disséminées dans le paysage, souvent séparées de quelques centaines de mètres les unes des autres. Les troupeaux de moutons, de chèvres ou de vaches paissent tranquillement, surveillés par un ou deux cavaliers. Nos repères se perdent encore un peu plus et l’éloignement se fait sentir.

Nous arrivons à Oulan-Bator et découvrons une ville en pleine célébration de la fête nationale : le Naadam. Pendant trois jours les épreuves (tir à l’arc, lutte et course de chevaux) et les festivités se succèdent, attirant une foule de touristes mongols mais aussi pas mal d’européens et d’américains dépassant au milieu de ces foules de visages asiatiques comme les rochers de nos côtes bretonnes !

C’est à trois que nous nous apprêtons à poursuivre notre voyage, en traversant le désert de Gobi qui nous attend aux portes de la ville. Cette troisième personne n’est autre que Marie-Madeleine, la copine d’Alexis qui vient pédaler avec nous jusqu’au Pacifique.

2 nouvelles vidéos de notre passage à Irkoutsk

Voici 2 nouvelles vidéos, issues de reportages TV lors de notre passage à Irkoutsk fin juin

 

 

Traduction du reportage de NTV+

Voici la traduction du reportage de NTV+. Cliquez ici pour (re)voir la vidéo

« Au  moment ou les cyclistes français, juste après que le championnat de Russie est terminé, sont partis pour le très prestigieux Tour de France qui démarre ce samedi, les deux français François Quintard et Alexis Jouvin s’éloignent de leur lignes de départ pour s’enfoncer en Russie. Il y a 4 mois ces étudiants sont partis de leur ville Poitiers sur des vélos tous-terrains. Et aujourd’hui ils sont arrivés à Irkoutsk. De la ville des cathédrales françaises jusqu’à la capitale de l’architecture en bois sibérienne les cyclistes français ont parcouru plus 10000km. Ils ont justifié plusieurs fois le nom de leur parcours « Enjamber l’horizon ». Pourtant il y a encore Oulan-bator mongol à atteindre, mais aussi le but même de l’aventure - la cote pacifique chinoise. «On utilise les cartes en papiers parce qu’en Russie il n’y a pas beaucoup de routes». Dans les bagages qui doivent tenir sur les vélos il n’y a que le stricte nécessaire : les tentes, les sacs de couchage, des vêtements chauds. Pendant tout leur trajet qui passe principalement par la Russie François et Alexis dorment souvent dans la rue. Et pour cela ils choisissent les endroits les plus pittoresques. Tout en roulant les voyageurs mette régulièrement à jour les rapports de leur voyage sur leur site web. « Il y a des gens en France qui suivent notre parcours. Et ils attendent des nouvelles de notre part. Par exemple, dans une des écoles de notre ville il y a toute une classe dont les élèves suivent notre trajet et posent des questions. Nous leur répondons. L’objectif est de montrer que l’on peut réaliser ses rêves» . Les étudiants partagent des idées sur comment on réalise ses rêves avec les habitants de toute les villes où ils passent. Et ces voyageurs chérissaient depuis longtemps le rêve de traverser la moitié du globe et d’atteindre le pacifique. Mais la décision a été prise seulement quand ils ont fait une petite promenade en vélo dans leur propre ville. Avant cette promenade ils n’avaient jamais pédalé. « Je n’ai jamais fait de sport. les 4 mois avant le voyage je les ai passé étudiant devant l’ordinateur. Pour moi l’entrainement était pendant le trajet même ». A Irkoutsk les voyageurs ne partagent pas seulement leur expérience mais ils préparent aussi la partie suivante de leur trajet. Ils ont besoin de remplacer les pneus et les freins sur leurs vélos. François et Alexis comptent  parcourir les 3000 km qui restent jusqu’à Chine avant décembre. C’est là où le rêve sera réalisé : les voyageurs se baigneront dans l’océan pacifique. Evgeniy Malkov pour NTV+ Irkoutsk. « 

Merci Karina !

Reportage télé sur la chaîne NTV+

François et Alexis ont fait l’objet d’un reportage TV de 2 min 15 diffusé sur la chaîne NTV+. Il s’agit d’une chaine diffusée dans toute la Russie par satellite, sur abonnement payant.

La vidéo a été traduite en français par Karina (merci à elle). Cliquez-ici pour voir la traduction !

Irkoutsk

A deux pas du Baikal, la ville d’Irkoutsk nous accueille pour quelques jours. Depuis Novossibirsk et notre dernier article, 19 jours se sont écoulés dont 18 à pédaler. Les kilomètres défilent et le voyage nous mène toujours plus à l’Est.

A Novossibirsk, nous avions rencontré les personnes fréquentant l’Alliance Française ainsi que les membres du club francophone d’Acadiemgorodok.

Nous voyageons en suivant toujours les voies du transsibérien.

Depuis Novossibirsk, nous rencontrons régulièrement d’autres voyageurs. D’abord une rencontre avec ce japonais parcourant à pied la Russie. A raison de 50 kilomètres par jour, cela ne faisait que trois mois qu’il était parti de Kalinigrad avec pour objectif d’aller jusqu’à Vladivostok.

Peu à peu nous sommes rentrés dans un relief plus raide sollicitant nos mollets. De plateaux vallonnés en larges vallées nous sommes parvenus jusqu’à Krasnoyarsk. Nous y sommes restés une  journée et nous avons pu profiter du parc naturel de Stolby, où quelques falaises ont démangé l’âme de grimpeur de François.

On nous avait maintes fois prévenu de la mauvaise qualité de la route entre Krasnoyarsk et Irkoutsk… Sur les 200 premiers kilomètres on se disait « oh ils exagèrent quand même. » Puis quand le goudron s’est arrêté pour laisser place à une piste caillouteuse, on a compris de quoi il s’agissait. Par portion de plusieurs kilomètres la route attend d’être recouverte d’asphalte. De nombreux chantiers nous donnent l’espoir que dans quelques années nos successeurs auront moins de peine. Là, à 36 degrés, la poussière soulevée par les camions se colle à notre sueur. Alternant entre route neuve et piste chaotique nous continuons à croiser des voyageurs tel que le 4×4 climatisé du « Grand raid », le 21 juin, (http://concours.salaunholidays.com/raid-brest-vladivostok/), où quelques bretons se sont embarqués dans un voyage à fin promotionnel.  Mais c’est aussi de bonnes rencontres avec les sibériens toujours aussi chaleureux. Avec Maria, directrice de l’école d’un petit village, la discussion a été interrompue par des vaches qui s’étaient invitées dans son jardin. Ce qui ne l’a pas empêché de braver les barrières de la langue. Dans un village reculé de deux kilomètres de notre route, caché derrière quelques bois, c’est Youri, un homme vivant seul, qui nous a hébergé. Il nous a fait déguster le fruit de sa pêche. Les poissons attrapés dans la rivière proche du village se dégustent crus. Une seule ombre au tableau : nous avons été confronté à l’alcoolisme de jeunes, notre première mauvaise rencontre…

Nous arrivons à Irkoutsk après 5 jours de pluie permanente. Nous franchissons l’Angara, unique exutoire du lac Baikal, et entrons dans le centre de la ville. Dans la rue, les physionomies nous indiquent clairement notre proximité avec la Bouriatie, la Mongolie et la Chine. Les voitures japonaises sont partout avec leur volant à droite.

Nous profitons de notre arrêt ici pour animer une rencontre à l’Alliance Française, entretenir et régler nos vélos, obtenir nos visas pour la Mongolie, répondre aux questions de quelques journalistes et bien sûr visiter la ville. Nous sommes hébergés chez Irina, la mère de Maria. Maria nous aide partout, elle traduit nos interviews et prend goût au métier d’attaché de presse, elle nous trouve la meilleure adresse pour nos vélos et nous balade à travers la ville. Lorsqu’il a fallu envoyer un colis en France elle a passé une heure et demi avec nous pour accomplir les formalités. Et quelles formalités !!! Liste des objets en français et en russe en trois exemplaires, pesée des objets un par un, paquetage dans un grand sac en tissu, couture du sac avec un fil blanc (sinon ça ne passe pas), pesée à nouveau et cachetage à la cire de la couture et enfin paiement. Avez-vous déjà fait de la couture dans une poste vous ???

Visas en poche, nous allons repartir vers les rives du Lac Baïkal puis nous quitterons ce pays au terme de deux mois et demi de découvertes, de partage et de rencontres avec les russes et la Russie. Sans leur gentillesse et leurs efforts nous n’aurions rien fait de ce que nous avons pu faire.