Enjamber l'horizon

De Poitiers au Pacifique à vélo

Irkoutsk

A deux pas du Baikal, la ville d’Irkoutsk nous accueille pour quelques jours. Depuis Novossibirsk et notre dernier article, 19 jours se sont écoulés dont 18 à pédaler. Les kilomètres défilent et le voyage nous mène toujours plus à l’Est.

A Novossibirsk, nous avions rencontré les personnes fréquentant l’Alliance Française ainsi que les membres du club francophone d’Acadiemgorodok.

Nous voyageons en suivant toujours les voies du transsibérien.

Depuis Novossibirsk, nous rencontrons régulièrement d’autres voyageurs. D’abord une rencontre avec ce japonais parcourant à pied la Russie. A raison de 50 kilomètres par jour, cela ne faisait que trois mois qu’il était parti de Kalinigrad avec pour objectif d’aller jusqu’à Vladivostok.

Peu à peu nous sommes rentrés dans un relief plus raide sollicitant nos mollets. De plateaux vallonnés en larges vallées nous sommes parvenus jusqu’à Krasnoyarsk. Nous y sommes restés une  journée et nous avons pu profiter du parc naturel de Stolby, où quelques falaises ont démangé l’âme de grimpeur de François.

On nous avait maintes fois prévenu de la mauvaise qualité de la route entre Krasnoyarsk et Irkoutsk… Sur les 200 premiers kilomètres on se disait « oh ils exagèrent quand même. » Puis quand le goudron s’est arrêté pour laisser place à une piste caillouteuse, on a compris de quoi il s’agissait. Par portion de plusieurs kilomètres la route attend d’être recouverte d’asphalte. De nombreux chantiers nous donnent l’espoir que dans quelques années nos successeurs auront moins de peine. Là, à 36 degrés, la poussière soulevée par les camions se colle à notre sueur. Alternant entre route neuve et piste chaotique nous continuons à croiser des voyageurs tel que le 4×4 climatisé du « Grand raid », le 21 juin, (http://concours.salaunholidays.com/raid-brest-vladivostok/), où quelques bretons se sont embarqués dans un voyage à fin promotionnel.  Mais c’est aussi de bonnes rencontres avec les sibériens toujours aussi chaleureux. Avec Maria, directrice de l’école d’un petit village, la discussion a été interrompue par des vaches qui s’étaient invitées dans son jardin. Ce qui ne l’a pas empêché de braver les barrières de la langue. Dans un village reculé de deux kilomètres de notre route, caché derrière quelques bois, c’est Youri, un homme vivant seul, qui nous a hébergé. Il nous a fait déguster le fruit de sa pêche. Les poissons attrapés dans la rivière proche du village se dégustent crus. Une seule ombre au tableau : nous avons été confronté à l’alcoolisme de jeunes, notre première mauvaise rencontre…

Nous arrivons à Irkoutsk après 5 jours de pluie permanente. Nous franchissons l’Angara, unique exutoire du lac Baikal, et entrons dans le centre de la ville. Dans la rue, les physionomies nous indiquent clairement notre proximité avec la Bouriatie, la Mongolie et la Chine. Les voitures japonaises sont partout avec leur volant à droite.

Nous profitons de notre arrêt ici pour animer une rencontre à l’Alliance Française, entretenir et régler nos vélos, obtenir nos visas pour la Mongolie, répondre aux questions de quelques journalistes et bien sûr visiter la ville. Nous sommes hébergés chez Irina, la mère de Maria. Maria nous aide partout, elle traduit nos interviews et prend goût au métier d’attaché de presse, elle nous trouve la meilleure adresse pour nos vélos et nous balade à travers la ville. Lorsqu’il a fallu envoyer un colis en France elle a passé une heure et demi avec nous pour accomplir les formalités. Et quelles formalités !!! Liste des objets en français et en russe en trois exemplaires, pesée des objets un par un, paquetage dans un grand sac en tissu, couture du sac avec un fil blanc (sinon ça ne passe pas), pesée à nouveau et cachetage à la cire de la couture et enfin paiement. Avez-vous déjà fait de la couture dans une poste vous ???

Visas en poche, nous allons repartir vers les rives du Lac Baïkal puis nous quitterons ce pays au terme de deux mois et demi de découvertes, de partage et de rencontres avec les russes et la Russie. Sans leur gentillesse et leurs efforts nous n’aurions rien fait de ce que nous avons pu faire.

2 commentairesPoster un commentaire →

  1. bernier jean marie

     /  10 juillet 2010

    Bonjour,

    On vous suit de Béruges (est Poitiers) avec toujours autant de plaisir.
    On éprouve un peu de jalousie à la « lecture » de votre avancée.
    Un voisin, Yves Godard, ex boss d’Emaüs Poitiers accompagne à pied des personnes en mal de vivre,… le plus souvent sur les chemins de St Jacques de Compostelle because intendance assurée.
    Cordonnées : yves godard – [yves.godard2@orange.fr] lescheminsdelaube@gmail.com
    voir site du même nom

    Bon vent. JM BERNIER

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