Enjamber l'horizon

De Poitiers au Pacifique à vélo

Catégorie : Voyage

Au bout de la jetée…

Dans la moiteur et la pollution nous nous sommes extirpés de Pékin pour les dernières centaines de kilomètres nous séparant de la côte. Trois jours à pédaler dans la plaine de Chine dans une urbanisation quasi continue pour rejoindre Tianjin et son port, Tanggu. Nous faisons de nouvelles expériences gastronomiques telles que la brochette de têtes de poulets et de nombreux plats épicés sous le regard curieux des autres clients des bouibouis visités. Le 18 nous arrivons à destination. Un port industriel où se dressent comme des monstres de fer les grues chargeant des conteneurs les bateaux du monde entier.

Le 19 au matin, sous la grisaille et une pluie fine, le duo qui était parti de Poitiers le premier mars s’élance dans les rues du port pour aller « au bout »… Dernier slalom entre les camions et travaux. Nous passons une barrière. Derrière nous, un gardien crie et fait signe de s’arrêter. Si près du but, nous continuons en l’écoutant vociférer ! Nous roulons sur un ponton puis sur un quai où sont arrimés des remorqueurs. Stop ! Après c’est la flotte !!! C’est la au milieu des grues et des portes-conteneurs que s’achève notre rêve de traverser ce continent à vélo à la rencontre d’autres cultures. 12921 kilomètres  au compteur pour vous dire qu’on a réalisé notre rêve et qu’on va en réaliser d’autres.

« Pres de 13000 bornes pour finir dans un port industriel… on aurait rêvé une fin plus esthétique mais tant pis ! Allez faut pas trainer on a un bateau pour la Corée dans une heure. »

Et nous voilà déjà repartis. Quelques vingt-cinq heures de bateau et nous voici de l’autre côté de la mer jaune. Ainsi nous amorçons notre retour en prolongeant vers l’Est. Pour l’instant aucun regret, la Corée du Sud se montre très accueillante. Un « collègue » cyclo-voyageur contacté par l’intermédiaire d’autres voyageurs cyclistes croisés en Russie (c’est une grande famille), Jouha, nous promène dans Séoul.

Bien que le projet soit officiellement fini restez attentifs aux prochains articles, nous vous préparons du collector.

Depuis le Gobi… en image.

Quelques photos prises depuis la fin du désert et notre entrée en Chine.

Bientôt la Mer jaune ! Reste a savoir si l’on considère la Mer Jaune comme faisant partie du Pacifique ou comme quelque chose d’indépendant… ? Votre avis nous intéresse !

Pékin !

Changement de pays, changement de décor, changement de culture… nous voilà désormais en Chine ! A moins de 200 kilomètres de notre objectif, nous faisons halte pour quelques jours à Beijing.

Comme le montrent les dernières photos du désert de Gobi, la traversée du sud de la Mongolie s’est révélée quelque peu éprouvante. Dans le désert, sur 450 kilomètres environ, nous pédalions sur des pistes de terres bien trop souvent sableuses et défoncées. Les fortes chaleurs nous obligeant à nous lever très tôt, vers 4h ou 5h pour parcourir les kilomètres avant que le soleil ne brûle trop. Le midi, c’est sous un abri de fortune (voir la photo) que nous essayions péniblement de nous reposer et le soir, nous plantions la tente au hasard, à quelques mètres de la piste très peu fréquentée, au milieu de nulle part.

Le passage de la frontière entre la Mongolie et la Chine nous a obligé à tricher pour la première fois depuis notre départ en montant à bord d’un véhicule motorisé. Impossible de rentrer en Chine à pied ou à vélo ! Pour cette raison, une multitude de petits 4×4 font des aller-retour entre les deux pays pour transporter les voyageurs. Quelques kilomètres n’auront pas été parcourus à vélo. Les caprices de l’administration et de la bureaucratie s’avèrent une fois de plus stupides et insurmontables !

Sitôt la frontière franchie, c’est un autre univers qui s’ouvre à nos regards. Le contraste entre les deux pays est hallucinant. Nous quittons le pays le moins densément peuplé pour rentrer dans l’ »Empire du milieu » et son milliard d’habitants. Ce passage de frontière signifie d’abord pour nous le retour à l’asphalte et à certaines facilités. C’est après quelques petit cols, au bout de deux ou trois jours en Chine que nous quittons enfin ce désert. La végétation devient plus verdoyante, les petits villages de briques se multiplient, les cultures et les champs réapparaissent…

Après avoir quitté la route principale pour des petites routes secondaires, nous arrivons un soir à Shan, une ville relativement importante. Nous nous arrêtons près d’un marché pour faire quelques provisions avant de repartir. Deux minutes suffisent pour qu’une centaine de visages curieux s’approchent de nous pour nous observer attentivement ! Cet attroupement attire constamment de nouveau chinois et pendant les 20 minutes durant lesquelles Alexis et Mado font les courses, François garde les vélos au milieu de cette petite foule qui surveille ses moindres gestes. Pas un ne parle anglais et l’échange se fait surtout par les regards. La police arrive rapidement et la jeune femme qui vérifie nos passeports nous explique que c’est sûrement la première fois que certains voient des étrangers ici. Finalement, nous serons conduits par la police vers un hôtel et nous passerons la soirée en compagnie de cette femme et de son mari qui nous invitent au restaurant. La Chine se révèle ce soir là comme un pays possédant une riche et succulente variété gastronomique. C’est un véritable repas gargantuesque qui nous est offert et auquel, en français qui se respecte, nous ne manquons pas de faire honneur !

A mesure que nous nous rapprochons de la capitale, nous traversons d’immenses villes de moins en moins espacées. Nous roulons sur de larges pistes cyclables qu’empruntent une multitude d’engins à deux roues. La campagne disparait presque dans ces espaces si urbanisés, et il s’avère très difficile de trouver un coin tranquille pour planter la tente. Étant désormais à trois et face à une barrière de la langue et à une quasi impossibilité de se faire comprendre, nous ne demandons plus l’hospitalité et sommes contraints de dormir dans des petites chambres dont disposent certains petits restaurants de bord de route. Comme c’était le cas en Russie, nous partageons un peu l’univers des routiers et camionneurs, fait de bruits de klaxon, de poussière et de petits restaurants pas chers.

Nous passons une journée près de la Muraille de Chine, à une soixantaine de kilomètres de Beijing. Au milieu des montagnes, le mur serpente esthétiquement sur plusieurs kilomètres de versants parfois très abrupts. Après ces montagnes qui nous semblent tropicales, comparées au désert laissé derrière nous, nous sommes désormais dans la grande plaine de Chine, où la chaleur s’accompagne d’humidité.

Nous entrons enfin dans cette immense ville de 17 millions d’habitants ! C’est plus de cinq fois la population de Mongolie qui s’agglutine ici ! Un ciel toujours gris nous surplombe (Peut-on voir du ciel bleu dans des villes si peuplées ?) et une moiteur constante et désagréable nous englobe. Nous venons de visiter dans la même journée l’incroyable cité interdite au cœur du vieux Pékin, et la toute récente cité olympique : un contraste intéressant ! Depuis que nous sommes là, Alexis est malade et fiévreux. Nous allons voir le médecin aujourd’hui et repartirons vers la côte de la Mer Jaune quand tout ira mieux. Le but est à portée de deux jours de route. Nous aurons rejoint la cote Est du continent…

Dans le désert de Gobi

Quelques mots rapides pour vous donner notre nouvelle adresse :

Enjamber l’Horizon

Désert de Gobi

Mongolie

Une belle adresse synonyme de vastes plaines, de steppes désertiques, de chaleur intense, d’espace, de silence et de kilomètres de solitude, mais aussi de mongols à motos, de transmongolien filant vers le lointain, de troupeaux de chameaux et de rêves de boissons fraiches !

Tout se passe bien et nous continuons vers le sud. Plus de nouvelles dans quelques jours !

Oulan-Bator !

Après une dizaine de jours d’avancée, nous arrivons enfin dans la grande capitale mongole qui regroupe avec son million d’habitants un tiers de la population du pays. Depuis Irkoutsk, nous avons voyagé  dans de bonnes conditions. Les paysages traversés se sont révélés  très variés et vraiment magnifiques.

Il nous a d’abord fallu une journée pour rejoindre les rives du lac Baïkal. Nous profitons d’un paisible bivouac au bord du lac pour fêter nos 10 000 kilomètres parcourus. Trois journées sont occupées à longer le sud du lac, en alternant entre contemplation et dégustation du poisson local ! Entre les rives orientales du lac et la frontière russo-mongole, nous avons traversé la république bouriate. Après Oulan Oude, les paysages deviennent plus arides, la densité d’arbres diminue et la végétation devient plus rase. Nous nous croyons en Mongolie avant l’heure ! Surtout, la physionomie des bouriates est plus proche de celle des asiatiques que des caucasiens. Le passage de la frontière ne nous prend qu’une demi heure. Bizarrement, on nous fait passer devant tout le monde, voitures et piétons.

Ça y est, le 8 juillet, date d’échéance de nos visas de trois mois, nous quittons la Russie. C’est une épaisse page de notre voyage que nous tournons là. Ce n’est pas un adieu car nous prévoyons de rentrer en train, à la fin de notre périple, en traversant de nouveau le pays.

L’aventure reprend donc en quelques instants : finies les quelques habitudes prises en Russie. Nous ne connaissons rien de ce pays. Nous nous dirigeons plein sud vers la capitale, en traversant des paysages tous plus beaux et plus déserts à mesure de notre avancée. Les arbres ont quasiment disparus et nous pédalons toute la journée dans de longues et larges vallées séparées par des petites collines. Avec 1,9 habitants par kilomètre carré, la Mongolie est le pays le moins densément peuplé au monde. Des yourtes sont disséminées dans le paysage, souvent séparées de quelques centaines de mètres les unes des autres. Les troupeaux de moutons, de chèvres ou de vaches paissent tranquillement, surveillés par un ou deux cavaliers. Nos repères se perdent encore un peu plus et l’éloignement se fait sentir.

Nous arrivons à Oulan-Bator et découvrons une ville en pleine célébration de la fête nationale : le Naadam. Pendant trois jours les épreuves (tir à l’arc, lutte et course de chevaux) et les festivités se succèdent, attirant une foule de touristes mongols mais aussi pas mal d’européens et d’américains dépassant au milieu de ces foules de visages asiatiques comme les rochers de nos côtes bretonnes !

C’est à trois que nous nous apprêtons à poursuivre notre voyage, en traversant le désert de Gobi qui nous attend aux portes de la ville. Cette troisième personne n’est autre que Marie-Madeleine, la copine d’Alexis qui vient pédaler avec nous jusqu’au Pacifique.

2 nouvelles vidéos de notre passage à Irkoutsk

Voici 2 nouvelles vidéos, issues de reportages TV lors de notre passage à Irkoutsk fin juin

 

 

Traduction du reportage de NTV+

Voici la traduction du reportage de NTV+. Cliquez ici pour (re)voir la vidéo

« Au  moment ou les cyclistes français, juste après que le championnat de Russie est terminé, sont partis pour le très prestigieux Tour de France qui démarre ce samedi, les deux français François Quintard et Alexis Jouvin s’éloignent de leur lignes de départ pour s’enfoncer en Russie. Il y a 4 mois ces étudiants sont partis de leur ville Poitiers sur des vélos tous-terrains. Et aujourd’hui ils sont arrivés à Irkoutsk. De la ville des cathédrales françaises jusqu’à la capitale de l’architecture en bois sibérienne les cyclistes français ont parcouru plus 10000km. Ils ont justifié plusieurs fois le nom de leur parcours « Enjamber l’horizon ». Pourtant il y a encore Oulan-bator mongol à atteindre, mais aussi le but même de l’aventure - la cote pacifique chinoise. «On utilise les cartes en papiers parce qu’en Russie il n’y a pas beaucoup de routes». Dans les bagages qui doivent tenir sur les vélos il n’y a que le stricte nécessaire : les tentes, les sacs de couchage, des vêtements chauds. Pendant tout leur trajet qui passe principalement par la Russie François et Alexis dorment souvent dans la rue. Et pour cela ils choisissent les endroits les plus pittoresques. Tout en roulant les voyageurs mette régulièrement à jour les rapports de leur voyage sur leur site web. « Il y a des gens en France qui suivent notre parcours. Et ils attendent des nouvelles de notre part. Par exemple, dans une des écoles de notre ville il y a toute une classe dont les élèves suivent notre trajet et posent des questions. Nous leur répondons. L’objectif est de montrer que l’on peut réaliser ses rêves» . Les étudiants partagent des idées sur comment on réalise ses rêves avec les habitants de toute les villes où ils passent. Et ces voyageurs chérissaient depuis longtemps le rêve de traverser la moitié du globe et d’atteindre le pacifique. Mais la décision a été prise seulement quand ils ont fait une petite promenade en vélo dans leur propre ville. Avant cette promenade ils n’avaient jamais pédalé. « Je n’ai jamais fait de sport. les 4 mois avant le voyage je les ai passé étudiant devant l’ordinateur. Pour moi l’entrainement était pendant le trajet même ». A Irkoutsk les voyageurs ne partagent pas seulement leur expérience mais ils préparent aussi la partie suivante de leur trajet. Ils ont besoin de remplacer les pneus et les freins sur leurs vélos. François et Alexis comptent  parcourir les 3000 km qui restent jusqu’à Chine avant décembre. C’est là où le rêve sera réalisé : les voyageurs se baigneront dans l’océan pacifique. Evgeniy Malkov pour NTV+ Irkoutsk. « 

Merci Karina !

Irkoutsk

A deux pas du Baikal, la ville d’Irkoutsk nous accueille pour quelques jours. Depuis Novossibirsk et notre dernier article, 19 jours se sont écoulés dont 18 à pédaler. Les kilomètres défilent et le voyage nous mène toujours plus à l’Est.

A Novossibirsk, nous avions rencontré les personnes fréquentant l’Alliance Française ainsi que les membres du club francophone d’Acadiemgorodok.

Nous voyageons en suivant toujours les voies du transsibérien.

Depuis Novossibirsk, nous rencontrons régulièrement d’autres voyageurs. D’abord une rencontre avec ce japonais parcourant à pied la Russie. A raison de 50 kilomètres par jour, cela ne faisait que trois mois qu’il était parti de Kalinigrad avec pour objectif d’aller jusqu’à Vladivostok.

Peu à peu nous sommes rentrés dans un relief plus raide sollicitant nos mollets. De plateaux vallonnés en larges vallées nous sommes parvenus jusqu’à Krasnoyarsk. Nous y sommes restés une  journée et nous avons pu profiter du parc naturel de Stolby, où quelques falaises ont démangé l’âme de grimpeur de François.

On nous avait maintes fois prévenu de la mauvaise qualité de la route entre Krasnoyarsk et Irkoutsk… Sur les 200 premiers kilomètres on se disait « oh ils exagèrent quand même. » Puis quand le goudron s’est arrêté pour laisser place à une piste caillouteuse, on a compris de quoi il s’agissait. Par portion de plusieurs kilomètres la route attend d’être recouverte d’asphalte. De nombreux chantiers nous donnent l’espoir que dans quelques années nos successeurs auront moins de peine. Là, à 36 degrés, la poussière soulevée par les camions se colle à notre sueur. Alternant entre route neuve et piste chaotique nous continuons à croiser des voyageurs tel que le 4×4 climatisé du « Grand raid », le 21 juin, (http://concours.salaunholidays.com/raid-brest-vladivostok/), où quelques bretons se sont embarqués dans un voyage à fin promotionnel.  Mais c’est aussi de bonnes rencontres avec les sibériens toujours aussi chaleureux. Avec Maria, directrice de l’école d’un petit village, la discussion a été interrompue par des vaches qui s’étaient invitées dans son jardin. Ce qui ne l’a pas empêché de braver les barrières de la langue. Dans un village reculé de deux kilomètres de notre route, caché derrière quelques bois, c’est Youri, un homme vivant seul, qui nous a hébergé. Il nous a fait déguster le fruit de sa pêche. Les poissons attrapés dans la rivière proche du village se dégustent crus. Une seule ombre au tableau : nous avons été confronté à l’alcoolisme de jeunes, notre première mauvaise rencontre…

Nous arrivons à Irkoutsk après 5 jours de pluie permanente. Nous franchissons l’Angara, unique exutoire du lac Baikal, et entrons dans le centre de la ville. Dans la rue, les physionomies nous indiquent clairement notre proximité avec la Bouriatie, la Mongolie et la Chine. Les voitures japonaises sont partout avec leur volant à droite.

Nous profitons de notre arrêt ici pour animer une rencontre à l’Alliance Française, entretenir et régler nos vélos, obtenir nos visas pour la Mongolie, répondre aux questions de quelques journalistes et bien sûr visiter la ville. Nous sommes hébergés chez Irina, la mère de Maria. Maria nous aide partout, elle traduit nos interviews et prend goût au métier d’attaché de presse, elle nous trouve la meilleure adresse pour nos vélos et nous balade à travers la ville. Lorsqu’il a fallu envoyer un colis en France elle a passé une heure et demi avec nous pour accomplir les formalités. Et quelles formalités !!! Liste des objets en français et en russe en trois exemplaires, pesée des objets un par un, paquetage dans un grand sac en tissu, couture du sac avec un fil blanc (sinon ça ne passe pas), pesée à nouveau et cachetage à la cire de la couture et enfin paiement. Avez-vous déjà fait de la couture dans une poste vous ???

Visas en poche, nous allons repartir vers les rives du Lac Baïkal puis nous quitterons ce pays au terme de deux mois et demi de découvertes, de partage et de rencontres avec les russes et la Russie. Sans leur gentillesse et leurs efforts nous n’aurions rien fait de ce que nous avons pu faire.

Novossibirsk – Irkoutsk en images

Réponses aux questions des élèves de 6ème1

Notre voyage est suivi par la classe des 6eme 1 du collège Henri IV de Poitiers.

Voici la liste de leurs nombreuses questions et quelques éléments de réponse, en retour.

Merci à Noé, Guenael, Morgane, Marion, Clémentine, Clémence, Paul, Elia, Emma, Quentin, Arthur, Maelle, Chloé, Emilie, Guillaume, Camille, Martin, Emma, Caroline, Kefif, Sefiane, Alessio, Diego, James, Archibald, Lucas, Stanislas, Mariana et Maryam.

Générales

Avez-vous vu ce que vous vouliez voir ?

Nous voyons ce que le voyage nous montre à travers les paysages traversés et les rencontres et c’est ce que l’on souhaitait.

Êtes-vous satisfaits de vos rencontres ?

Chaque rencontre crée des souvenirs et des expériences donc nous sommes satisfaits.

Avez-vous eu extrêmement peur ?

Il nous est arrivé d’avoir quelques frayeurs lorsqu’une voiture ou un camion nous frôlait de trop près.

Avez-vous été surpris à un moment ?

Tout ce qui n’est pas habituel pour nous, peut surprendre. La manière de vivre des russes n’est pas identique à celle des français.

Avez-vous été déçus de certaines villes ?

Pas de déception pour les villes car nous y allions sans préjugés. Nous n’avons pas de guide touristique dans nos sacs, nous découvrons les villes avec les russes et par nous même.

Comment vous êtes vous débrouillés alors que vous ne parliez pas toutes les langues des pays traversés?

En Europe nous avons souvent utilisé l’anglais. En Russie, il a fallu apprendre rapidement quelques mots puisqu’ici les personnes qui parlent français ou anglais sont rares. François est très content d’avoir appris quelques notions de russes avant de partir. Les gens que nous rencontrons sont très compréhensifs et nous aident beaucoup !

Combien de pays avez-vous traversés?

7 pays pour le moment.

Combien de temps avez vous passé dans chaque pays?

Pays par pays depuis le 1er Mars:

  • 15 jours en France, du 1er mars au 15 mars.
  • 11 jours en Allemagne, du 16 mars au 27 mars.
  • 8 jours en Pologne, du 28 mars au 4 avril.
  • 2 jours en Lituanie, du 5 avril au 7 avril
  • 4 jours en Lettonie, 8 avril au 11 avril.
  • 5 jours en Estonie, 12 avril au 16 avril.
  • En Russie depuis le 17 avril, 73 jours et encore pour 10 jours environ.

Quel pays avez-vous préféré ?

On ne peut pas avoir de préférence pour les pays. Ils ont tous leurs particularités. Le voyage ne nous montre qu’un aspect des pays, de plus nous ne passons pas autant de temps dans chaque pays.

Depuis le début de votre voyage, quelle a été votre ville préférée et pourquoi? Justifiez votre réponse!

Alexis : Ma ville préférée est Saint-Pétersbourg. C’est une ville grandiose et dynamique. Ses palais et ses églises monumentales en font une ville historique emblématique de la période de l’Empire de Russie. J’ai aussi beaucoup aimé la pittoresque capitale de l’Estonie, Tallinn. Les autres villes russes sont intéressantes mais se ressemblent sur beaucoup de points ce qui fait qu’elles ne se distinguent pas beaucoup des unes des autres.

François: Ma ville préférée est celle que je vais voir demain ! Je suis curieux et le meilleur est devant moi ! Irkoutsk est agréable et bientôt nous allons voir des petits villages près du Baïkal. A Pékin, il y a 17 millions d’habitants alors je suis curieux de voir à quoi cela ressemble !

Quelle est votre nouvelle destination ?

Nous allons longer le lac Baïkal, traverser la Bouriatie et entrer en Mongolie. Là notre objectif sera la capitale, Oulan Baator.

Dans quelle ville allez-vous arriver à la fin de votre trajet ?

La ville de Tianjin, sur les bords Est du continent.

Quelle étape à été la plus dure ?

La traversée de l’Oural avec le vent de face n’était pas facile.

Avez-vous vu des monuments historiques?

Dans chaque ville il y a des monuments, même si en Sibérie les villes sont “jeunes”, elles ont souvent moins de 400 ans.

Êtes-vous allés chez le médecin pendant le voyage?

Une fois à Strasbourg pour recevoir une injection de vaccin contre la rage, depuis jamais.

Combien de jours avez-vous mis entre Auxerre et la première frontière de l’Allemagne?

8 jours

Est-ce-que vos hôtes étaient gentils?

Les hôtes étaient gentils.

Alors, ça fait quoi d’avoir 7000 kms dans les jambes ?

7000 n’est pas pire que 8000, 9000 ou 10 000, le corps prend le rythme des kilomètres et s’habitue. Une chose est certaine, nous n’avons pas de problèmes pour nous endormir le soir.

Pourquoi avez-vous changé d’itinéraire ?

Ce sont des raisons d’ordre administrative. Pour rester dans les pays étrangers ils faut souvent un visa. C’est une autorisation de séjour d’une durée déterminée. Comme nous envisagions de faire le tour du lac Baïkal à pied, nous avions besoin d’un visa de trois mois supplémentaires à celui que nous avions déjà. Les règlements diplomatiques ne nous ont pas permis d’obtenir cette autorisation. Nous devons donc être sortis de Russie avant la fin de notre visa sinon nous risquons des problèmes avec la police et la douane russes. Notre objectif reste d’aller jusqu’à l’Océan Pacifique, où nous serons plus tôt que prévu.

Combien faites-vous de kms par jour ?

Nous faisons maintenant des journées de 110km à 130km.

Qu’est-ce que l’Alliance Française ?

Les Alliances Françaises sont des structures à l’étranger où l’on promeut la culture française. Il y en a dans le monde entier. Les Alliances Françaises donnent des cours de français aux Francophiles et organisent des évènements culturels comme des festivals de cinéma français.

Qu’avez-vous appris au cours de votre voyage?

Trop de choses pour pouvoir en faire une liste exhaustive. Cela va de la mécanique des vélos jusqu’à la gastronomie sibérienne en passant par les marques de camions russes.

La Pologne

Comment les gens vous ont-ils accueillis en Pologne ?

Les polonais se sont montrés très chaleureux.

Est-ce que vous avez été suivis par des médias durant votre traversée en Pologne?

Nous avons eu le droit à un article dans un journal local. Il est en ligne sur le site : http://www.enjamberlhorizon.fr/2010/04/10/article-polonais-czas-ciechanowa-8-avril-2010/

Avez-vous eu le sentiment d’être des stars ?

Non

Nous avons vu que vous aviez été dans un journal Polonais, est-ce que cela vous est déjà arrivé dans un autre pays ?

Dans l’Est de la France et en Russie à Perm.

L’article du journal est rédigé en Polonais, pouvez-vous nous le résumer ?

La traduction est en ligne. Vous pouvez la consulter à la fin de l’article : http://www.enjamberlhorizon.fr/2010/04/10/article-polonais-czas-ciechanowa-8-avril-2010/

Qu’est-ce que « la maison roulante » ?

C’est une petite maison avec une seule pièce où les propriétaires vendent de la nourriture et des boissons et qui est montée sur quatre roues reliées à un moteur. Ainsi elle peut se déplacer entre le domicile des propriétaires et le bord de la route.

Quel genre de ville est Plock ?

C’est une ville secondaire de Pologne. Il y a de nombreuses universités mais c’est surtout la ville où il y a l’usine pétrolière polonaise la plus importante.

Où est Plock dans la Pologne?

C’est situé sur les bords de l’Elbe au centre du pays. Vous pouvez voir son emplacement sur la carte de notre parcours : http://www.enjamberlhorizon.fr/suivez-la-progression-dalexis-et-francois/

Kaunas

Savez vous de quelle année date la forteresse de Kaunas?

La forteresse que l’on voit sur les photos datent du XIIIème siècle.

Est ce que les magasins de Kaunas sont plus chers que ceux de France?

Les magasins lituaniens pratiquent des prix proches de ceux de France.

Sur le dernier diaporama (à voir ici)

Qui sont les trois statues représentées sur la place Lénine ?

Elles représentent les soldats de la révolution d’Octobre 1917. Ces statues font partie d’une composition en hommage à Lénine.

Dans quelle ville se situe ce café représenté sur la photo ?

Ce café n’est pas dans une ville mais sur le bord de la route à proximité d’un petit village.

Est-ce du vrai or que nous voyons sur le dôme de l’église d’Omsk ?

Nous n’avons pas vérifié. Cela y ressemble.

Qu’est-ce qu’un bania ?

Un bania est un bain russe. C’est une petite pièce bien isolée où un poêle à bois chauffe fort. On jette de l’eau sur des pierres pour obtenir de la vapeur. Les russes y restent pour se détendre et se laver. La pratique est de se fouetter le dos avec des branches de bouleau. C’est bon pour la santé !!! C’est un peu comme un sauna scandinave ou un hammam arabe.

Qu’est-ce exactement que le Kourgan ?

Kourgan est une ville de l’Ouest de la Sibérie qui ne se trouve pas loin du Kazakhstan, c’est une capitale de région.

Que fait un éleveur Tatar ?

C’est une sorte de berger. Il emmène les bêtes de son village (moutons et vaches) paître dans les vastes étendues d’herbes et il les surveille. Les Tatars sont des peuples d’origine turque (au XIIème siècle) vivant en Europe et en Asie. Il y en a dans le centre et le sud de la Russie.

Que mangent Rita et Alex ? Est-ce un plat typique de la Russie ?

Non pas du tout. Pour les remercier de leur hospitalité nous leurs avons préparé un repas français. Sur la photo, il mange de la mousse au chocolat avec du broyé poitevin.

Matériel

Combien de fois avez vous perdu ou cassé des objets et lesquels

Au début de notre voyage, nous avons eu des problèmes avec notre réchaud à essence que nous avons dû changer. Ensuite nous avons eu quelques soucis avec la béquille du vélo d’Alexis. A part ça rien de grave mais de l’usure normale du vélo : la chaine et les pignons, les freins et maintenant ce sont les pneus que nous allons changer. Nous avons perdu un pantalon imperméable et un compteur de vitesse.

Les bagages vous ont posé des problèmes ?

Non

Quel matériel avez vous-eu besoin d’acheter durant votre voyage ?

Quelques vêtements adaptés à la chaleur et nous nous apprêtons à acquérir des bidons pour ne pas manquer d’eau en Mongolie.

Des personnes que vous avez rencontrées vous ont-elles donné des objets ?

Parfois quelques images religieuses pour nous garder en sécurité.

Les nuits

Avez-vous dormi dans des habitats de luxe ou pauvres ?

Jamais dans des maisons luxueuses. Nous sommes plus souvent accueillis par des familles modestes.

Avez-vous déjà dormi à la belle étoile ?

Non jamais, il ne fait pas assez chaud et les matinées sont trop humides.

Fait-il froid la nuit en Lituanie ?

Il faisait un peu plus de 0 degré la nuit, au début du mois d’avril. C’est froid non ?!

Avez-vous dormi chez des personnes connues ?

Non

Les magasins

Dans les différents pays, les magasins sont ils pareils qu’en France ?

En Europe, nous avons souvent retrouvé des supermarchés comme en France. En Allemagne et en Pologne, il y a beaucoup de magasins de “hard discount” comme notre Lidl ou Leader Price. En Russie, il y a beaucoup de toutes petites épiceries dans chaque village, mais tous les produits sont derrière un comptoir et on doit demander ce que l’on veut. Souvent les vendeuses utilisent un boulier pour calculer les coûts. Dans les villes russes nous pouvons trouver des grandes surfaces parfois immenses.

Avez-vous autant de choix qu’en France et les prix sont-ils les mêmes ?

Pour le choix, il n’y a pas de problème en Europe mais dans ces petites épiceries russes, c’est difficile de trouver des fruits et légumes. Il n y a vraiment pas beaucoup de choix. On ne trouve plus le même fromage qu’en France…juste une sorte de babibel sans goût ! Les prix sont un peu moins élevés en Allemagne et en Pologne, identiques dans les Pays Baltes et moins chers, de manière générale en Russie. Ici le pain n’est vraiment pas cher, mais tous les produits importés d’Europe sont très chers et réservés aux personnes riches.

La nature

Est-ce qu’en fonction des saisons, la végétation change ?

Oui bien sûr. Mais comme nous nous sommes déplacés vers le Nord puis vers l’Est, les températures sont restées assez froides longtemps et nous n’avons pas vraiment eu de printemps. Les bouleaux ont fleuri en Russie en très peu de temps. Les cultures se sont beaucoup ressemblées pour le moment à cause de notre déplacement, et le blé est toujours en herbe ici.

Et pour les animaux ?

A partir de la Pologne nous avons vu beaucoup de cigognes, jusqu’au Pays Baltes. En Russie, il y a beaucoup de rapaces dans les campagnes et depuis quelques jours nous pouvons voir des petits rongeurs, sortes d’écureuils.

Par rapport aux animaux que vous avez croisés certains étaient-ils dangereux ?

Oui, dans les petits villages russes nous avons rencontrés beaucoup de chiens qui n’étaient pas attachés et qui courraient derrière nos vélos en aboyant. A part ces chiens, pas de mauvaises rencontres.

Si oui, quelle a été votre réaction ?

Il faut rester calme et continuer à avancer comme si rien ne se passe. Dans ces moments là, François se répète, comme pour se rassurer : “on est copains hein ?!” !!

Est-ce que des animaux nocturnes ont troublés votre sommeil ?

Non

Avez vous vus des plantes que l’on ne trouve pas en France ?

Sûrement mais nous ne sommes pas assez connaisseurs des plantes pour s’en rendre compte.

Y avait-il plus d’animaux morts sur les routes qu’en France ?

Pas tellement

Quel temps général fait-il ?

Ce n’est pas facile de répondre en une phrase ! Nous avons le sentiment d’avoir eu pas mal de pluie. En Russie, nous avons tout de même eu du très beau temps avec beaucoup de soleil, avant Perm, vers Kourgan et après Krasnoyarsk. François s’est trompé car il pensait qu’avec le climat continental il ne pleuvrait quasiment pas. Faux espoir !

Les vêtements

Les vêtements changent-ils selon les pays ?

Dans les campagnes, les vêtements changent un peu. En ville, la mode uniformise beaucoup la façon de s’habiller. En Russie, dans les villes, les femmes sont coquettes : beaucoup portent des robes et des chaussures à talon. Dans les campagnes russes, les hommes sont souvent en treillis militaire kakis. Ils portent des bottes ou des sandales en plastique dans lesquelles ils gardent leurs chaussettes. De manière générale, beaucoup s’habillent avec des vêtements importés de Chine.

Avez-vous acheté des vêtements?

Oui, des tee-shirts plus légers et moins chauds que ceux que nous avions au début.

Comment lavez-vous les vêtements que vous portez?

Nous les lavons à la main avec un bloc de savon ou bien nous attendons d’être en ville pour utiliser les machines des gens qui nous hébergent.

La nourriture

Quel plat avez vous préféré dans votre voyage?

Pour Alexis : les pâtisseries polonaises.

Pour François : les soupes russes.

Quels plats vous ont le plus écœurés?

Nous ne sommes vraiment pas difficiles mais le petit déjeuner polonais de tripes dans la gelée (en photo sur le site) nous est resté un moment sur l’estomac !

La nourriture est elle épicée dans les pays que vous avez traversés?

Non. Ce sera peut être le cas en Chine.

Mange-t-on des choses que personne n’oserait manger en France?

Non, pas encore, à part du poisson cru, en Russie, dont les français ne sont pas très habitués. Peut être aurons nous des surprises avec la nourriture en Mongolie et en Chine.

Y’a-t-il beaucoup de choix de nourriture en Russie? Y’a t-il eu des fois où vous n’avez pas pu manger?

Oui, il y a beaucoup de choix de nourriture en Russie et c’est souvent très bon ! Heureusement nous n’avons jamais manqué de nourriture pour le moment.

Avez-vous été malades à cause de la nourriture?

Au début du voyage, le deuxième jour, François a été malade à cause de la nourriture. Depuis, rien : notre santé est excellente

Est-ce que c’est embêtant de manger beaucoup ou pas assez quand on fait du vélo ?

Pour nous qui sommes gourmands, ce n’est jamais un problème de manger beaucoup ! Et comme nous transportons toujours beaucoup de nourriture nous pouvons manger quand nous voulons.

Mange-t-on à la même heure selon les pays traversés ?

Pas tout à fait. Depuis la Pologne, dans les campagnes, les gens mangent généralement plus tôt le soir, vers 18h.

Mange-t-on autant de repas qu’en France ?

Oui, trois repas à chaque fois. Par contre les petits déjeuners ressemblent parfois au repas du soir, avec des œufs, du fromage, des salades de crudités, ou des tranches de saucissons.