Enjamber l'horizon

De Poitiers au Pacifique à vélo

Mot clé : Europe

Saint Petersbourg

Nous voilà dans la ville des Tsars depuis hier soir.

Depuis Riga, nous avons traversé la Lettonie en longeant les bords de la mer Baltique. La vision des glaces qui y flottaient nous a dissuadé d’y tenter la baignade mais pas la séance photo! Les grands plateaux baltes et la route sponsorisée par l’Union européenne nous ont permis d’avancer assez vite. A Tallinn, la capitale estonienne, nous avons profité du centre médiéval avec ses petites rues pittoresques et ses fortifications.
La destination suivante fut Narva, la ville frontalière avec la Russie. Nous nous y sommes rendus en traversant de grandes forêts de conifères et de bouleaux et en suivant les falaises qui tombent dans la mer de Finlande.

C’est une frontière impressionnante puisque deux châteaux-forts s’y font face et qu’entre les deux coule un fleuve torrentiel et boueux. Le passage ne fut pas trop compliqué. Sortir de l’Union Européenne ne fut pas un problème, mais l’entrée en Russie fut un peu plus longue. Le poste frontière surchauffé ne sentait pas la joie de vivre! Il a fallu remplir quelques papiers, regarder la douanière en face pendant qu’elle vérifiait le passeport, puis se soumettre au contrôle d’une seconde douanière et enfin franchir la porte du poste. NOUS SOMMES EN RUSSIE !!! La ville de ce coté du fleuve s’appelle Ivangorod et c’est après la visite du château que nous reprenons la route en direction de Saint-Petersbourg. Le soir même, François utilise ses notions de russe. Nous sommes chaleureusement accueillis dans une datcha, une maison de campagne, d’un couple petersbourgeois. Nous sommes installés dans le bagna, le sauna, pour la nuit. On nous offre le repas et le thé.

Après une matinée passée sous la pluie et les rafales de vents, nous arrivons dans la grande ville de Saint-Petersbourg où vivent 4,5 millions d’habitants. Nous passons l’après-midi à nous approcher du centre ! Nous logeons chez Lena que nous avons contacté par un site Internet de personnes acceptant d’offrir leur hospitalité. Elle nous a déjà fait faire un tour du centre historique de la ville. Une première partie de notre rêve s’est aujourd’hui réalisée : nous venons de rentrer dans Saint-Petersbourg à vélo! Nous allons mettre les jours qui viennent à profit pour nous reposer, visiter et préparer la suite de notre itinéraire.

Kaunas, la porte des pays Baltes.

C’est sous un ciel gris et une petite bruine que nous sommes arrivés hier a Kaunas.  Deuxième ville  du pays après Vilnius, la capitale, cette ville de 350 000 habitants est située a la confluence des deux plus gros fleuves de la Lituanie.

Nous voila ainsi dans les pays Baltes, plus très loin de la Russie. Cette idée nous enchante et nous avons du mal à réaliser que notre rêve prend forme jour après jour. Nous sommes arrivés en Lituanie sans aucune idée de ce qui allait nous y attendre. Nous ne connaissions rien. Ni la langue, ni la monnaie, ni les paysages… Le passage de la frontière s’est fait une fois de plus sans aucun contrôle. L’Espace Schengen est bien une réalité.

Le lendemain de Plock, nous avons été accueilli dans une ferme. La générosité et l’accueil des polonais a été excellent, sur toute la durée de notre traversée polonaise. A chaque fois, on nous accueille de manière spontanée, sans hésitation. Et quand on vous invite a boire le café, deux minutes après être arrivé, il faut traduire par café : thé, repas, et soirée ! Et le lendemain matin, ce sont des petits-déjeuners gargantuesques qui nous sont proposés. Soit du Bigos, la spécialité nationale (sorte de choucroute), soit des pâtisseries succulentes dont les polonais peuvent s’enorgueillir. Les différences de langues s’estompent en ayant recours à l’anglais. Il nous est arrivé une fois de converser avec notre hôte en utilisant Internet via un site de traduction. Tout notre échange s’est alors fait à l’écrit, dans un silence surprenant.

La Lituanie est rentrée dans l’Union Européenne il y a 6 ans, en 2004. Nous voyons partout des panneaux avec le logo de l’UE, preuve que le développement du pays passe par les programmes d’entraide européens. Nous vous en dirons un peu plus sur ce pays quand nous l’aurons traversé. Il est trop tôt encore pour vous en parler, bien que nous n’y resterons pas longtemps. Les pays Baltes sont petits et les frontières vont s’enchainer jusqu’en Russie.

Les jambes supportent les cents kilomètres quotidiens et le moral est plus clair que le ciel. François révise ses cours de russe en pédalant et Alexis apprend les dix mots de lituanien indispensable (bonjour, au revoir, oui, non …)