Enjamber l'horizon

De Poitiers au Pacifique à vélo

Mot clé : hospitalité

Réponses aux questions des élèves de 6ème1

Notre voyage est suivi par la classe des 6eme 1 du collège Henri IV de Poitiers.

Voici la liste de leurs nombreuses questions et quelques éléments de réponse, en retour.

Merci à Noé, Guenael, Morgane, Marion, Clémentine, Clémence, Paul, Elia, Emma, Quentin, Arthur, Maelle, Chloé, Emilie, Guillaume, Camille, Martin, Emma, Caroline, Kefif, Sefiane, Alessio, Diego, James, Archibald, Lucas, Stanislas, Mariana et Maryam.

Générales

Avez-vous vu ce que vous vouliez voir ?

Nous voyons ce que le voyage nous montre à travers les paysages traversés et les rencontres et c’est ce que l’on souhaitait.

Êtes-vous satisfaits de vos rencontres ?

Chaque rencontre crée des souvenirs et des expériences donc nous sommes satisfaits.

Avez-vous eu extrêmement peur ?

Il nous est arrivé d’avoir quelques frayeurs lorsqu’une voiture ou un camion nous frôlait de trop près.

Avez-vous été surpris à un moment ?

Tout ce qui n’est pas habituel pour nous, peut surprendre. La manière de vivre des russes n’est pas identique à celle des français.

Avez-vous été déçus de certaines villes ?

Pas de déception pour les villes car nous y allions sans préjugés. Nous n’avons pas de guide touristique dans nos sacs, nous découvrons les villes avec les russes et par nous même.

Comment vous êtes vous débrouillés alors que vous ne parliez pas toutes les langues des pays traversés?

En Europe nous avons souvent utilisé l’anglais. En Russie, il a fallu apprendre rapidement quelques mots puisqu’ici les personnes qui parlent français ou anglais sont rares. François est très content d’avoir appris quelques notions de russes avant de partir. Les gens que nous rencontrons sont très compréhensifs et nous aident beaucoup !

Combien de pays avez-vous traversés?

7 pays pour le moment.

Combien de temps avez vous passé dans chaque pays?

Pays par pays depuis le 1er Mars:

  • 15 jours en France, du 1er mars au 15 mars.
  • 11 jours en Allemagne, du 16 mars au 27 mars.
  • 8 jours en Pologne, du 28 mars au 4 avril.
  • 2 jours en Lituanie, du 5 avril au 7 avril
  • 4 jours en Lettonie, 8 avril au 11 avril.
  • 5 jours en Estonie, 12 avril au 16 avril.
  • En Russie depuis le 17 avril, 73 jours et encore pour 10 jours environ.

Quel pays avez-vous préféré ?

On ne peut pas avoir de préférence pour les pays. Ils ont tous leurs particularités. Le voyage ne nous montre qu’un aspect des pays, de plus nous ne passons pas autant de temps dans chaque pays.

Depuis le début de votre voyage, quelle a été votre ville préférée et pourquoi? Justifiez votre réponse!

Alexis : Ma ville préférée est Saint-Pétersbourg. C’est une ville grandiose et dynamique. Ses palais et ses églises monumentales en font une ville historique emblématique de la période de l’Empire de Russie. J’ai aussi beaucoup aimé la pittoresque capitale de l’Estonie, Tallinn. Les autres villes russes sont intéressantes mais se ressemblent sur beaucoup de points ce qui fait qu’elles ne se distinguent pas beaucoup des unes des autres.

François: Ma ville préférée est celle que je vais voir demain ! Je suis curieux et le meilleur est devant moi ! Irkoutsk est agréable et bientôt nous allons voir des petits villages près du Baïkal. A Pékin, il y a 17 millions d’habitants alors je suis curieux de voir à quoi cela ressemble !

Quelle est votre nouvelle destination ?

Nous allons longer le lac Baïkal, traverser la Bouriatie et entrer en Mongolie. Là notre objectif sera la capitale, Oulan Baator.

Dans quelle ville allez-vous arriver à la fin de votre trajet ?

La ville de Tianjin, sur les bords Est du continent.

Quelle étape à été la plus dure ?

La traversée de l’Oural avec le vent de face n’était pas facile.

Avez-vous vu des monuments historiques?

Dans chaque ville il y a des monuments, même si en Sibérie les villes sont “jeunes”, elles ont souvent moins de 400 ans.

Êtes-vous allés chez le médecin pendant le voyage?

Une fois à Strasbourg pour recevoir une injection de vaccin contre la rage, depuis jamais.

Combien de jours avez-vous mis entre Auxerre et la première frontière de l’Allemagne?

8 jours

Est-ce-que vos hôtes étaient gentils?

Les hôtes étaient gentils.

Alors, ça fait quoi d’avoir 7000 kms dans les jambes ?

7000 n’est pas pire que 8000, 9000 ou 10 000, le corps prend le rythme des kilomètres et s’habitue. Une chose est certaine, nous n’avons pas de problèmes pour nous endormir le soir.

Pourquoi avez-vous changé d’itinéraire ?

Ce sont des raisons d’ordre administrative. Pour rester dans les pays étrangers ils faut souvent un visa. C’est une autorisation de séjour d’une durée déterminée. Comme nous envisagions de faire le tour du lac Baïkal à pied, nous avions besoin d’un visa de trois mois supplémentaires à celui que nous avions déjà. Les règlements diplomatiques ne nous ont pas permis d’obtenir cette autorisation. Nous devons donc être sortis de Russie avant la fin de notre visa sinon nous risquons des problèmes avec la police et la douane russes. Notre objectif reste d’aller jusqu’à l’Océan Pacifique, où nous serons plus tôt que prévu.

Combien faites-vous de kms par jour ?

Nous faisons maintenant des journées de 110km à 130km.

Qu’est-ce que l’Alliance Française ?

Les Alliances Françaises sont des structures à l’étranger où l’on promeut la culture française. Il y en a dans le monde entier. Les Alliances Françaises donnent des cours de français aux Francophiles et organisent des évènements culturels comme des festivals de cinéma français.

Qu’avez-vous appris au cours de votre voyage?

Trop de choses pour pouvoir en faire une liste exhaustive. Cela va de la mécanique des vélos jusqu’à la gastronomie sibérienne en passant par les marques de camions russes.

La Pologne

Comment les gens vous ont-ils accueillis en Pologne ?

Les polonais se sont montrés très chaleureux.

Est-ce que vous avez été suivis par des médias durant votre traversée en Pologne?

Nous avons eu le droit à un article dans un journal local. Il est en ligne sur le site : http://www.enjamberlhorizon.fr/2010/04/10/article-polonais-czas-ciechanowa-8-avril-2010/

Avez-vous eu le sentiment d’être des stars ?

Non

Nous avons vu que vous aviez été dans un journal Polonais, est-ce que cela vous est déjà arrivé dans un autre pays ?

Dans l’Est de la France et en Russie à Perm.

L’article du journal est rédigé en Polonais, pouvez-vous nous le résumer ?

La traduction est en ligne. Vous pouvez la consulter à la fin de l’article : http://www.enjamberlhorizon.fr/2010/04/10/article-polonais-czas-ciechanowa-8-avril-2010/

Qu’est-ce que « la maison roulante » ?

C’est une petite maison avec une seule pièce où les propriétaires vendent de la nourriture et des boissons et qui est montée sur quatre roues reliées à un moteur. Ainsi elle peut se déplacer entre le domicile des propriétaires et le bord de la route.

Quel genre de ville est Plock ?

C’est une ville secondaire de Pologne. Il y a de nombreuses universités mais c’est surtout la ville où il y a l’usine pétrolière polonaise la plus importante.

Où est Plock dans la Pologne?

C’est situé sur les bords de l’Elbe au centre du pays. Vous pouvez voir son emplacement sur la carte de notre parcours : http://www.enjamberlhorizon.fr/suivez-la-progression-dalexis-et-francois/

Kaunas

Savez vous de quelle année date la forteresse de Kaunas?

La forteresse que l’on voit sur les photos datent du XIIIème siècle.

Est ce que les magasins de Kaunas sont plus chers que ceux de France?

Les magasins lituaniens pratiquent des prix proches de ceux de France.

Sur le dernier diaporama (à voir ici)

Qui sont les trois statues représentées sur la place Lénine ?

Elles représentent les soldats de la révolution d’Octobre 1917. Ces statues font partie d’une composition en hommage à Lénine.

Dans quelle ville se situe ce café représenté sur la photo ?

Ce café n’est pas dans une ville mais sur le bord de la route à proximité d’un petit village.

Est-ce du vrai or que nous voyons sur le dôme de l’église d’Omsk ?

Nous n’avons pas vérifié. Cela y ressemble.

Qu’est-ce qu’un bania ?

Un bania est un bain russe. C’est une petite pièce bien isolée où un poêle à bois chauffe fort. On jette de l’eau sur des pierres pour obtenir de la vapeur. Les russes y restent pour se détendre et se laver. La pratique est de se fouetter le dos avec des branches de bouleau. C’est bon pour la santé !!! C’est un peu comme un sauna scandinave ou un hammam arabe.

Qu’est-ce exactement que le Kourgan ?

Kourgan est une ville de l’Ouest de la Sibérie qui ne se trouve pas loin du Kazakhstan, c’est une capitale de région.

Que fait un éleveur Tatar ?

C’est une sorte de berger. Il emmène les bêtes de son village (moutons et vaches) paître dans les vastes étendues d’herbes et il les surveille. Les Tatars sont des peuples d’origine turque (au XIIème siècle) vivant en Europe et en Asie. Il y en a dans le centre et le sud de la Russie.

Que mangent Rita et Alex ? Est-ce un plat typique de la Russie ?

Non pas du tout. Pour les remercier de leur hospitalité nous leurs avons préparé un repas français. Sur la photo, il mange de la mousse au chocolat avec du broyé poitevin.

Matériel

Combien de fois avez vous perdu ou cassé des objets et lesquels

Au début de notre voyage, nous avons eu des problèmes avec notre réchaud à essence que nous avons dû changer. Ensuite nous avons eu quelques soucis avec la béquille du vélo d’Alexis. A part ça rien de grave mais de l’usure normale du vélo : la chaine et les pignons, les freins et maintenant ce sont les pneus que nous allons changer. Nous avons perdu un pantalon imperméable et un compteur de vitesse.

Les bagages vous ont posé des problèmes ?

Non

Quel matériel avez vous-eu besoin d’acheter durant votre voyage ?

Quelques vêtements adaptés à la chaleur et nous nous apprêtons à acquérir des bidons pour ne pas manquer d’eau en Mongolie.

Des personnes que vous avez rencontrées vous ont-elles donné des objets ?

Parfois quelques images religieuses pour nous garder en sécurité.

Les nuits

Avez-vous dormi dans des habitats de luxe ou pauvres ?

Jamais dans des maisons luxueuses. Nous sommes plus souvent accueillis par des familles modestes.

Avez-vous déjà dormi à la belle étoile ?

Non jamais, il ne fait pas assez chaud et les matinées sont trop humides.

Fait-il froid la nuit en Lituanie ?

Il faisait un peu plus de 0 degré la nuit, au début du mois d’avril. C’est froid non ?!

Avez-vous dormi chez des personnes connues ?

Non

Les magasins

Dans les différents pays, les magasins sont ils pareils qu’en France ?

En Europe, nous avons souvent retrouvé des supermarchés comme en France. En Allemagne et en Pologne, il y a beaucoup de magasins de “hard discount” comme notre Lidl ou Leader Price. En Russie, il y a beaucoup de toutes petites épiceries dans chaque village, mais tous les produits sont derrière un comptoir et on doit demander ce que l’on veut. Souvent les vendeuses utilisent un boulier pour calculer les coûts. Dans les villes russes nous pouvons trouver des grandes surfaces parfois immenses.

Avez-vous autant de choix qu’en France et les prix sont-ils les mêmes ?

Pour le choix, il n’y a pas de problème en Europe mais dans ces petites épiceries russes, c’est difficile de trouver des fruits et légumes. Il n y a vraiment pas beaucoup de choix. On ne trouve plus le même fromage qu’en France…juste une sorte de babibel sans goût ! Les prix sont un peu moins élevés en Allemagne et en Pologne, identiques dans les Pays Baltes et moins chers, de manière générale en Russie. Ici le pain n’est vraiment pas cher, mais tous les produits importés d’Europe sont très chers et réservés aux personnes riches.

La nature

Est-ce qu’en fonction des saisons, la végétation change ?

Oui bien sûr. Mais comme nous nous sommes déplacés vers le Nord puis vers l’Est, les températures sont restées assez froides longtemps et nous n’avons pas vraiment eu de printemps. Les bouleaux ont fleuri en Russie en très peu de temps. Les cultures se sont beaucoup ressemblées pour le moment à cause de notre déplacement, et le blé est toujours en herbe ici.

Et pour les animaux ?

A partir de la Pologne nous avons vu beaucoup de cigognes, jusqu’au Pays Baltes. En Russie, il y a beaucoup de rapaces dans les campagnes et depuis quelques jours nous pouvons voir des petits rongeurs, sortes d’écureuils.

Par rapport aux animaux que vous avez croisés certains étaient-ils dangereux ?

Oui, dans les petits villages russes nous avons rencontrés beaucoup de chiens qui n’étaient pas attachés et qui courraient derrière nos vélos en aboyant. A part ces chiens, pas de mauvaises rencontres.

Si oui, quelle a été votre réaction ?

Il faut rester calme et continuer à avancer comme si rien ne se passe. Dans ces moments là, François se répète, comme pour se rassurer : “on est copains hein ?!” !!

Est-ce que des animaux nocturnes ont troublés votre sommeil ?

Non

Avez vous vus des plantes que l’on ne trouve pas en France ?

Sûrement mais nous ne sommes pas assez connaisseurs des plantes pour s’en rendre compte.

Y avait-il plus d’animaux morts sur les routes qu’en France ?

Pas tellement

Quel temps général fait-il ?

Ce n’est pas facile de répondre en une phrase ! Nous avons le sentiment d’avoir eu pas mal de pluie. En Russie, nous avons tout de même eu du très beau temps avec beaucoup de soleil, avant Perm, vers Kourgan et après Krasnoyarsk. François s’est trompé car il pensait qu’avec le climat continental il ne pleuvrait quasiment pas. Faux espoir !

Les vêtements

Les vêtements changent-ils selon les pays ?

Dans les campagnes, les vêtements changent un peu. En ville, la mode uniformise beaucoup la façon de s’habiller. En Russie, dans les villes, les femmes sont coquettes : beaucoup portent des robes et des chaussures à talon. Dans les campagnes russes, les hommes sont souvent en treillis militaire kakis. Ils portent des bottes ou des sandales en plastique dans lesquelles ils gardent leurs chaussettes. De manière générale, beaucoup s’habillent avec des vêtements importés de Chine.

Avez-vous acheté des vêtements?

Oui, des tee-shirts plus légers et moins chauds que ceux que nous avions au début.

Comment lavez-vous les vêtements que vous portez?

Nous les lavons à la main avec un bloc de savon ou bien nous attendons d’être en ville pour utiliser les machines des gens qui nous hébergent.

La nourriture

Quel plat avez vous préféré dans votre voyage?

Pour Alexis : les pâtisseries polonaises.

Pour François : les soupes russes.

Quels plats vous ont le plus écœurés?

Nous ne sommes vraiment pas difficiles mais le petit déjeuner polonais de tripes dans la gelée (en photo sur le site) nous est resté un moment sur l’estomac !

La nourriture est elle épicée dans les pays que vous avez traversés?

Non. Ce sera peut être le cas en Chine.

Mange-t-on des choses que personne n’oserait manger en France?

Non, pas encore, à part du poisson cru, en Russie, dont les français ne sont pas très habitués. Peut être aurons nous des surprises avec la nourriture en Mongolie et en Chine.

Y’a-t-il beaucoup de choix de nourriture en Russie? Y’a t-il eu des fois où vous n’avez pas pu manger?

Oui, il y a beaucoup de choix de nourriture en Russie et c’est souvent très bon ! Heureusement nous n’avons jamais manqué de nourriture pour le moment.

Avez-vous été malades à cause de la nourriture?

Au début du voyage, le deuxième jour, François a été malade à cause de la nourriture. Depuis, rien : notre santé est excellente

Est-ce que c’est embêtant de manger beaucoup ou pas assez quand on fait du vélo ?

Pour nous qui sommes gourmands, ce n’est jamais un problème de manger beaucoup ! Et comme nous transportons toujours beaucoup de nourriture nous pouvons manger quand nous voulons.

Mange-t-on à la même heure selon les pays traversés ?

Pas tout à fait. Depuis la Pologne, dans les campagnes, les gens mangent généralement plus tôt le soir, vers 18h.

Mange-t-on autant de repas qu’en France ?

Oui, trois repas à chaque fois. Par contre les petits déjeuners ressemblent parfois au repas du soir, avec des œufs, du fromage, des salades de crudités, ou des tranches de saucissons.

Kirov.

Six jours se sont écoulés depuis notre départ de Iaroslavl sous la petite pluie du samedi 1er mai.

Pendant ces six jours, nous n’avons pas bivouaqué une seule fois. La générosité et l’accueil chaleureux des russes ne sont donc pas une légende et se vérifient si bien à travers notre expérience. La curiosité des russes ne nous laisse pas indiffèrent, et nous savons désormais présenter notre périple dans cette langue, en indiquant quelques villes, quelques dates, et quelques moyens de transport. Partout on nous demande d’où l’on vient et où l’on va. Souvent, les personnes à qui nous présentons notre projet hochent légèrement la tête de gauche à droite, pour nous communiquer leur incrédulité. Et ils rajoutent : « daliko ! » (‘c’est loin ! »).

Nous commençons à prendre nos repères dans ce pays et pouvons nous débrouiller à peu près : demander notre route, savoir si il y a un bateau pour traverser le cours d’eau, faire nos courses et acheter notre pain, demander l’hospitalité bien sûr, et poser quelques questions à nos interlocuteurs… Malgré cela, la barrière de la langue se rappelle bien souvent à nous et nous frustre beaucoup, on doit l’avouer. Durant ces six jours à côtoyer des russes quotidiennement, nous n’avons pas échangé ne serait ce qu’un mot en anglais. Ici, les jeunes de notre âge parlent bien plus souvent allemand qu’anglais.

Un après midi, vers 16h, nous nous écartons de la route principale en empruntant une piste boueuse pour parvenir à un petit village où demander de l’eau. Nous rencontrons alors deux hommes en train de bricoler dehors, et une jeune fille qui boit le thé dans la petite pièce d’entrée de la datcha. On discute un peu, et avant de repartir, Nicolai, le propriétaire de la datcha, nous propose un thé. Nous acceptons. Il ouvre aussi une bouteille de vodka, « droujba » (« l’amitié ») oblige. Non content de rencontrer deux français un peu fous à vélo, on continue la discussion, en portant des toasts entrecoupés de petites bouchées de viande sur du pain. Nicolai est gardien de prison et non pas ancien prisonnier, comme Sergeui chez qui nous avions dormi l’avant veille! Autour de la bouteille, il y a Nicolai, son frère, sa fille Ana et un voisin. Lorsque nous avons fini, il nous propose de dormir là, dans la datcha. Avec son frère et sa fille, Nicolai rentre dormir dans une ville voisine où se trouve sa maison principale, et nous laisse seuls, dans sa maison !

Hier soir, tout juste arrivés à Kirov, je demande à un jeune homme, Alexei, où se trouve un hôtel bon marché. Il réfléchit, on discute ensemble cinq minutes, puis il nous conduit chez lui où nous passerons la nuit ! La Russie ne serait elle pas un pays magique ?

Premiers tours de roues en Russie

Enfin, nous éprouvons la Russie !!!

Arrivée le 27 avril à Iaroslavl, après 7 jours de voyage qui nous ont donné un premier aperçu pittoresque et rural.

Pour commencer, les routes. « Vaste sujet », nous diront ceux qui les ont déjà parcourues. Les grandes routes ne sont pas les meilleures. L’accumulation des galettes de bitume, ces rustines de goudron, les rend aussi chaotiques que lorsque les nids de poules y demeurent. Cela « s’organise » par portion de quelques kilomètres, alternant entre le plus lisse et large asphalte, digne des routes allemandes, et l’étroit chaos où les camions risquent leurs essieux. Les routes secondaires sont moins empruntées et donc en meilleure santé. Elles valent les petites routes de nos campagnes profondes. Mais dès qu’il s’agit de passer d’un oblast (région) à un autre, le goudron s’interrompt pour laisser place à la piste de terre. Les conditions météos de ces derniers jours les ont rendues particulièrement « intéressantes ». Nous les avons vues boueuses, gelées, sablonneuses, caillouteuses… parfois, mieux valait marcher que pédaler ! La diversité des routes compense celle du paysage : forêt, forêt, forêt ! Et ce n’est que le début !

Pour en revenir à la météo, notons qu’en l’espace d’une heure nous avons pu voir de la grêle, du soleil, de la neige, de la pluie et encore du soleil. Un véritable festival météorologique assez déstabilisant.

Les russes ne manquent pas d’hospitalité. Nous avons seulement planté la tente une fois. Les autres nuits, nous avons profité d’un wagon dans l’enceinte d’un monastère orthodoxe, d’une datcha, de la compagnie du vieux Victor et de la générosité d’un couple d’arménien.

Maintenant nous sommes à la « Maison de l’Amitié Poitiers-Iaroslavl ». Pour ceux qui ne le sauraient pas, ces deux villes sont jumelées depuis 1970. Cette Maison de l’Amitié est un petit bout de Poitiers en Russie. Olga, la directrice, Nadia et Nastia nous y ont accueillis. Nous avons pu découvrir une ville en travaux à la veille des fêtes du millénaire de la cité. Les quais de la Volga rivaliseront bientôt avec la Promenade des Anglais.

Ce n’est que le début de la Russie et cela nous présage d’intenses moments d’existence que nous prendrons plaisir à partager. Merci pour vos commentaires.

Saint Petersbourg

Nous voilà dans la ville des Tsars depuis hier soir.

Depuis Riga, nous avons traversé la Lettonie en longeant les bords de la mer Baltique. La vision des glaces qui y flottaient nous a dissuadé d’y tenter la baignade mais pas la séance photo! Les grands plateaux baltes et la route sponsorisée par l’Union européenne nous ont permis d’avancer assez vite. A Tallinn, la capitale estonienne, nous avons profité du centre médiéval avec ses petites rues pittoresques et ses fortifications.
La destination suivante fut Narva, la ville frontalière avec la Russie. Nous nous y sommes rendus en traversant de grandes forêts de conifères et de bouleaux et en suivant les falaises qui tombent dans la mer de Finlande.

C’est une frontière impressionnante puisque deux châteaux-forts s’y font face et qu’entre les deux coule un fleuve torrentiel et boueux. Le passage ne fut pas trop compliqué. Sortir de l’Union Européenne ne fut pas un problème, mais l’entrée en Russie fut un peu plus longue. Le poste frontière surchauffé ne sentait pas la joie de vivre! Il a fallu remplir quelques papiers, regarder la douanière en face pendant qu’elle vérifiait le passeport, puis se soumettre au contrôle d’une seconde douanière et enfin franchir la porte du poste. NOUS SOMMES EN RUSSIE !!! La ville de ce coté du fleuve s’appelle Ivangorod et c’est après la visite du château que nous reprenons la route en direction de Saint-Petersbourg. Le soir même, François utilise ses notions de russe. Nous sommes chaleureusement accueillis dans une datcha, une maison de campagne, d’un couple petersbourgeois. Nous sommes installés dans le bagna, le sauna, pour la nuit. On nous offre le repas et le thé.

Après une matinée passée sous la pluie et les rafales de vents, nous arrivons dans la grande ville de Saint-Petersbourg où vivent 4,5 millions d’habitants. Nous passons l’après-midi à nous approcher du centre ! Nous logeons chez Lena que nous avons contacté par un site Internet de personnes acceptant d’offrir leur hospitalité. Elle nous a déjà fait faire un tour du centre historique de la ville. Une première partie de notre rêve s’est aujourd’hui réalisée : nous venons de rentrer dans Saint-Petersbourg à vélo! Nous allons mettre les jours qui viennent à profit pour nous reposer, visiter et préparer la suite de notre itinéraire.

Riga, nous voila !

Alors que nous vous avions laissés à Kaunas, en Lituanie, il y a trois jours maintenant, nous vous retrouvons ici depuis la capitale lettone. Il nous aura fallu deux jours pour parcourir les presque 300 kilomètres qui séparent les deux villes.

La première journée, nous avons abattu 110 kilomètres, crevé la roue arrière de Bucéphale, vers 18h, et trouvé l’hospitalité pour la nuit. Et oui, nous vous avions caché que nos vélos portent des noms depuis la France. Les élèves de sixième qui suivent notre projet nous ont proposé Frangase et Bucephalexis. Nous avons choisi Pégase et Bucéphale, puisqu’une fois chevauché, nous formons le duo répondant aux noms choisis par les élèves.

Avec seulement deux mots de letton (bonjour et tente), quelques gestes et de la débrouillardise, nous avons été accueillis dans le jardin des propriétaires d’une entreprise de pisciculture. Casimir nous a proposé de dormir à l’abri. C’est donc bien reposés que nous avons pu parcourir le lendemain les 175 kilomètres qui nous attendaient jusqu’à Riga. Le terrain était bien plat, la route très bonne et le vent absent. Conditions idéales. Cela représente 8h passées à pédaler à 22 kilomètres de moyenne. Bien que ne recherchant pas la performance, nous ne pouvons vous cacher que ce genre de défis, un peu idiot peut être, nous plait !

Kaunas, la porte des pays Baltes.

C’est sous un ciel gris et une petite bruine que nous sommes arrivés hier a Kaunas.  Deuxième ville  du pays après Vilnius, la capitale, cette ville de 350 000 habitants est située a la confluence des deux plus gros fleuves de la Lituanie.

Nous voila ainsi dans les pays Baltes, plus très loin de la Russie. Cette idée nous enchante et nous avons du mal à réaliser que notre rêve prend forme jour après jour. Nous sommes arrivés en Lituanie sans aucune idée de ce qui allait nous y attendre. Nous ne connaissions rien. Ni la langue, ni la monnaie, ni les paysages… Le passage de la frontière s’est fait une fois de plus sans aucun contrôle. L’Espace Schengen est bien une réalité.

Le lendemain de Plock, nous avons été accueilli dans une ferme. La générosité et l’accueil des polonais a été excellent, sur toute la durée de notre traversée polonaise. A chaque fois, on nous accueille de manière spontanée, sans hésitation. Et quand on vous invite a boire le café, deux minutes après être arrivé, il faut traduire par café : thé, repas, et soirée ! Et le lendemain matin, ce sont des petits-déjeuners gargantuesques qui nous sont proposés. Soit du Bigos, la spécialité nationale (sorte de choucroute), soit des pâtisseries succulentes dont les polonais peuvent s’enorgueillir. Les différences de langues s’estompent en ayant recours à l’anglais. Il nous est arrivé une fois de converser avec notre hôte en utilisant Internet via un site de traduction. Tout notre échange s’est alors fait à l’écrit, dans un silence surprenant.

La Lituanie est rentrée dans l’Union Européenne il y a 6 ans, en 2004. Nous voyons partout des panneaux avec le logo de l’UE, preuve que le développement du pays passe par les programmes d’entraide européens. Nous vous en dirons un peu plus sur ce pays quand nous l’aurons traversé. Il est trop tôt encore pour vous en parler, bien que nous n’y resterons pas longtemps. Les pays Baltes sont petits et les frontières vont s’enchainer jusqu’en Russie.

Les jambes supportent les cents kilomètres quotidiens et le moral est plus clair que le ciel. François révise ses cours de russe en pédalant et Alexis apprend les dix mots de lituanien indispensable (bonjour, au revoir, oui, non …)

Plock !

Nous sommes désormais a Plock. Après 5 journées a 100 kilomètres de moyenne, nous avons traversé le sud de la Pologne sans trainer. Les vastes plaines sont au rendez vous et le dépaysement se fait de plus en plus sentir. La langue est plus difficile a comprendre et les gens que nous avons rencontrés ne parlaient pas anglais. Malgré ca, nous avons fait de belles rencontres ! Une nuit fut passée dans un jardin, une autre dans une maison roulante et une autre encore dans une salle de repos d’usine. Les campagnes sont jolies mais l’on sent que l’on est dans des anciens pays communistes. Les moyens mis en œuvre pour l’agriculture sont moins développés et les bâtiments bien plus délabrés. Nous préparons ici la suite du parcours. Merci pour vos messages de soutiens qui sont toujours aussi plaisant a lire ! Les photos arriveront dès que possible.

Dresde

Nous voila à l’autre bout de l’Allemagne. Les mollets se sont faits, la distance des étapes s’allonge, nous prenons le rythme.

Dès notre premier soir en Allemagne, nous avons partagé le repas de dix retraités volleyeurs. Au menu : pain, bieres, saucisses. Le ton était donné. En contournant la Foret Noire par le nord, nous avons demandé, comme en France, l’hospitalité. Il a fallu apprendre des rudiments d’allemand et se remettre a parler anglais. A trois reprises, nous avons été accueilli dans des fermes. Nous avons tout de même planté la tente plus souvent qu’en France. Sorti de Nuremberg à 19h, nous avons été contraint de monter la tente dans la forêt sous la menace d’un orage.

Avant hier soir, à la sortie de Chemnitz (anciennement Karl Marx Stadt !) nous cherchions oú passer la nuit. Après un refus, nous nous sommes adressé aux pompiers qui nous ont renvoyé au village voisin. Dans celui-ci, c’est au ambulanciers de la croix rouge que nous avons fait notre speach. Ils nous ont indiqué l’eglise du village. Et c’est dans une salle attenante à cette église protestante que nous avons rencontré Ekkehard, organiste et chef de coeur. Il nous conduit chez lui. Nous planterons la tente dans son grand jardin et profiterons de la douche et du petit déjeuner.

Jusqu’à Nuremberg, nous avons suivi des pistes cyclables, plus agréables mais plus longues. Ensuite, nous avons préféré la route. Apres un épisode pluvieux au centre du pays, nous profitons des bords de l’Elbe sous le soleil.

L’Allemagne n’est tout de meme pas dépaysante, on y retrouve les centres villes regorgeant d’enseignes internationales et des infrastructures de qualités.

L’itinéraire nous a permis de visiter Mödlareuth, village symbole de la division de l’Allemagne. A cheval sur la frontière, de la même manière que Berlin, il était coupé par un mur de trois mètres de haut.

Nous voici à present à une journée de la frontière polonaise. Là bas, de vastes plaines nous attendent…