Enjamber l'horizon

De Poitiers au Pacifique à vélo

Mot clé : Pékin

Pékin !

Changement de pays, changement de décor, changement de culture… nous voilà désormais en Chine ! A moins de 200 kilomètres de notre objectif, nous faisons halte pour quelques jours à Beijing.

Comme le montrent les dernières photos du désert de Gobi, la traversée du sud de la Mongolie s’est révélée quelque peu éprouvante. Dans le désert, sur 450 kilomètres environ, nous pédalions sur des pistes de terres bien trop souvent sableuses et défoncées. Les fortes chaleurs nous obligeant à nous lever très tôt, vers 4h ou 5h pour parcourir les kilomètres avant que le soleil ne brûle trop. Le midi, c’est sous un abri de fortune (voir la photo) que nous essayions péniblement de nous reposer et le soir, nous plantions la tente au hasard, à quelques mètres de la piste très peu fréquentée, au milieu de nulle part.

Le passage de la frontière entre la Mongolie et la Chine nous a obligé à tricher pour la première fois depuis notre départ en montant à bord d’un véhicule motorisé. Impossible de rentrer en Chine à pied ou à vélo ! Pour cette raison, une multitude de petits 4×4 font des aller-retour entre les deux pays pour transporter les voyageurs. Quelques kilomètres n’auront pas été parcourus à vélo. Les caprices de l’administration et de la bureaucratie s’avèrent une fois de plus stupides et insurmontables !

Sitôt la frontière franchie, c’est un autre univers qui s’ouvre à nos regards. Le contraste entre les deux pays est hallucinant. Nous quittons le pays le moins densément peuplé pour rentrer dans l’ »Empire du milieu » et son milliard d’habitants. Ce passage de frontière signifie d’abord pour nous le retour à l’asphalte et à certaines facilités. C’est après quelques petit cols, au bout de deux ou trois jours en Chine que nous quittons enfin ce désert. La végétation devient plus verdoyante, les petits villages de briques se multiplient, les cultures et les champs réapparaissent…

Après avoir quitté la route principale pour des petites routes secondaires, nous arrivons un soir à Shan, une ville relativement importante. Nous nous arrêtons près d’un marché pour faire quelques provisions avant de repartir. Deux minutes suffisent pour qu’une centaine de visages curieux s’approchent de nous pour nous observer attentivement ! Cet attroupement attire constamment de nouveau chinois et pendant les 20 minutes durant lesquelles Alexis et Mado font les courses, François garde les vélos au milieu de cette petite foule qui surveille ses moindres gestes. Pas un ne parle anglais et l’échange se fait surtout par les regards. La police arrive rapidement et la jeune femme qui vérifie nos passeports nous explique que c’est sûrement la première fois que certains voient des étrangers ici. Finalement, nous serons conduits par la police vers un hôtel et nous passerons la soirée en compagnie de cette femme et de son mari qui nous invitent au restaurant. La Chine se révèle ce soir là comme un pays possédant une riche et succulente variété gastronomique. C’est un véritable repas gargantuesque qui nous est offert et auquel, en français qui se respecte, nous ne manquons pas de faire honneur !

A mesure que nous nous rapprochons de la capitale, nous traversons d’immenses villes de moins en moins espacées. Nous roulons sur de larges pistes cyclables qu’empruntent une multitude d’engins à deux roues. La campagne disparait presque dans ces espaces si urbanisés, et il s’avère très difficile de trouver un coin tranquille pour planter la tente. Étant désormais à trois et face à une barrière de la langue et à une quasi impossibilité de se faire comprendre, nous ne demandons plus l’hospitalité et sommes contraints de dormir dans des petites chambres dont disposent certains petits restaurants de bord de route. Comme c’était le cas en Russie, nous partageons un peu l’univers des routiers et camionneurs, fait de bruits de klaxon, de poussière et de petits restaurants pas chers.

Nous passons une journée près de la Muraille de Chine, à une soixantaine de kilomètres de Beijing. Au milieu des montagnes, le mur serpente esthétiquement sur plusieurs kilomètres de versants parfois très abrupts. Après ces montagnes qui nous semblent tropicales, comparées au désert laissé derrière nous, nous sommes désormais dans la grande plaine de Chine, où la chaleur s’accompagne d’humidité.

Nous entrons enfin dans cette immense ville de 17 millions d’habitants ! C’est plus de cinq fois la population de Mongolie qui s’agglutine ici ! Un ciel toujours gris nous surplombe (Peut-on voir du ciel bleu dans des villes si peuplées ?) et une moiteur constante et désagréable nous englobe. Nous venons de visiter dans la même journée l’incroyable cité interdite au cœur du vieux Pékin, et la toute récente cité olympique : un contraste intéressant ! Depuis que nous sommes là, Alexis est malade et fiévreux. Nous allons voir le médecin aujourd’hui et repartirons vers la côte de la Mer Jaune quand tout ira mieux. Le but est à portée de deux jours de route. Nous aurons rejoint la cote Est du continent…